Menacé d’expulsion, son employeur se donne beaucoup de mal pour le garder – .

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Un Guinéen qui travaillait dans un restaurant québécois depuis 2018 sera contraint de quitter le pays s’il ne parvient pas à régulariser son dossier d’ici la mi-septembre, une décision “aberrante” dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, regrette son employeur.

Kaba Keita mène la vie dont il a toujours rêvé au Québec. Arrivé en 2018 sous statut de réfugié après avoir fui la Guinée alors qu’il était menacé par sa famille, l’homme a trouvé l’amour, s’est marié et a un travail qu’il adore au restaurant Continental.

Si l’immigration veut le renvoyer dans son pays, c’est parce que lors d’une audition sur son statut de réfugié en mars dernier, il a mentionné avoir fait la paix avec son père et sa famille, ce qui écarte le danger qui rôdait dans son pays.

« Ils m’ont fait jurer trois fois de dire la vérité, alors c’est ce que j’ai fait. Mais maintenant, ma vie est ici », insiste celui qui a vu un fonctionnaire révoquer son statut de réfugié en juillet et ordonner son départ du Canada avant le 16 septembre.

Soutien de votre employeur

Pourtant, personne ici ne souhaite que Kaba Keita retourne dans son pays, à commencer par son employeur.

« C’est un excellent employé. Je lui donne 25 $ de l’heure pour faire la vaisselle, donc on est d’accord que c’est parce que c’est important pour notre équipe », a déclaré Mathieu Pettigrew, copropriétaire du Continental, ajoutant qu’il était prêt à témoigner en sa faveur devant les autorités si nécessaire.

C’est même le restaurateur qui a engagé un avocat pour tenter de régulariser la situation de son employé dans le délai imparti.

“Je ne demande pas d’argent au gouvernement, pas de subvention, même en ce moment je gagne des honoraires parce que je veux juste qu’il travaille pour nous. Parce que s’il part, qu’est-ce qu’on fait ? Dois-je payer pour le récupérer plus tard ? C’est stupide », déplore M. Pettigrew.

“Tout le monde est perdant”

« Qui gagne en déportant ce type? », demande l’avocat de Keita, Me Maxime Lapointe. “Tout le monde est perdant dans cette histoire.”

A commencer par l’homme et sa femme, Doussou Koulibaly.

Le couple vit dans un logement que Madame ne pouvait se permettre avec son seul salaire. Toute votre vie en sera bouleversée.

« Nous ne devons rien à personne. Nous payons nos impôts. […] Quand mon mari partira, il devra déménager, je perdrai mes affaires. On s’entend bien, mon mari et moi, je parle ma langue à la maison, je ne veux pas être seule ici », avoue Mme Koulibaly en ravalant un sanglot.

L’homme dit qu’il est un atout pour la société. Il ne comprend pas pourquoi ils l’ont renvoyé chez lui. “C’est difficile. Mettez-vous à ma place », demande M. Keita.

« Dès mon arrivée au Québec, j’ai trouvé un emploi. Quand j’ai reçu mon premier talon de paie, j’étais fier de l’envoyer à l’aide sociale pour qu’ils arrêtent de m’envoyer de l’argent. J’aime vivre ici », implore-t-il.

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« S’il était un criminel, un homme malhonnête, je serais le premier à lui dire de s’en aller, mais ce n’est pas ça. Quand il me demande ce qu’il a fait de mal, je ne sais même pas quoi dire. Il n’a rien fait, il est victime d’un cycle de procédures bureaucratiques», insiste son patron, qui attend, comme M. Keita, une grâce dans le dossier.

“Le gouvernement doit nous aider.”

Guinéen menacé d’expulsion : Appel à identifier et régulariser certains sans-papiers

L’avocat de Kaba Keita, menacé d’expulsion, appelle le gouvernement à plus de souplesse dans le traitement de cas similaires, notamment dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre.

“L’agent a choisi d’appliquer la loi très strictement et on ne peut pas lui en vouloir, c’est la loi. Mais un agent plus souple aurait probablement donné un délai pour monter un dossier de parrainage et organiser la régularisation du dossier », indique Me Maxime Lapointe, avocat spécialisé en immigration chargé du dossier du Guinéen d’origine.

Identifier et régulariser

L’avocat prévient que de tels cas deviendront courants avec les nombreux statuts de réfugiés accordés, en particulier après les vagues de personnes entrant par Roxham Road. Appelez le gouvernement à résoudre ces problèmes dès que de nombreux réfugiés trouveront un emploi auprès d’employeurs désespérés.

« Les élections approchent. J’espère que le prochain gouvernement s’engagera à identifier les sans-papiers pour déterminer combien il y en a et surtout pour voir si on peut accompagner certains d’entre eux, qui sont de vrais travailleurs, à régulariser leur situation », demande Me Lapointe.

C’est aussi le point de vue de l’entrepreneur de Kaba Keita, propriétaire du restaurant Continental, qui souhaite que le gouvernement agisse pour faciliter la vie des entrepreneurs qui peinent à embaucher.

« Que le gouvernement nous aide un peu. On a vu pendant la pandémie que les choses peuvent aller vite quand la volonté est là. Mais dans le cas des pénuries de main-d’œuvre et de l’immigration, il semble qu’il n’y ait aucune volonté d’accélérer les dossiers », déplore Mathieu Pettigrew.

programme d’essai

Maxime Lapointe propose un projet pilote de régularisation d’une durée de trois ans, le temps d’en évaluer l’impact.

« Nous pourrions essayer un programme de régularisation. Quand les conditions sont réunies, on prolonge le statut de réfugié avec un permis de travail et au bout de deux ans on réévalue», explique l’avocat, qui estime qu’une telle mesure permettrait à la fois aux personnes risquant l’expulsion et aux entreprises de souffler.

“Les employeurs et le gouvernement doivent travailler ensemble pour garder certaines de ces personnes en emploi.”

- Menacé avec expulsion employeur rend tous les possibles pour gardez-le

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