La « femme jukebox » du métro – .

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À Montréal, le journaliste Louis-Philippe Messier voyage la plupart du temps en cavale, avec son bureau dans son sac à dos, à la recherche de sujets et de personnes fascinants. Il parle à tous et s’intéresse à tous les horizons dans cette chronique urbaine.

Il est toujours là, devant la station de métro Côte-des-Neiges, chantant de 6 h du matin jusqu’à environ 13 h, sept jours sur sept, même en hiver.

Certains l’appellent la femme juke-box. Il connaît plus de 200 chansons par cœur avec une prédilection pour Edith Piaf et Marjo.

A défaut de billets ou de pièces pour un titre précis, il chante ce qu’il veut.

Quand je suis arrivé hier matin, elle a interprété avec justesse la chanson Sèche tes larmes par Daniel Bélanger.

« J’aurais aimé que ma carrière de chanteuse décolle et qu’un producteur me remarque, mais ce n’est pas arrivé, alors maintenant je chante devant le métro », me confie d’emblée Thalie Norac, tout sourire.

un bon article

« Je viens l’écouter lors de ma promenade : elle chante bien et est sympa », raconte un passant, Gilles, chauffeur d’autobus à la retraite de la STM.

Lorsqu’il se rend compte que je suis journaliste, Gilles me lance un regard sévère et me fait jurer que j’écrirai « un bon article » sur Thalie.

Lors de l’interview, certains passants lui laissent une pièce ou lui font signe au passage.

« Je ne connais pas vraiment ces gens, car je suis trop occupée à chanter pour leur parler, mais je les apprécie quand ils me donnent quelque chose et je les reconnais », souffle Mme Norac.

Thalie Norac est le nom de scène que s’est choisi cette native de Ville-Émard au début de la vingtaine, vers 1990, pour poursuivre une carrière.

« J’ai demandé et obtenu du tribunal en 2007 qu’il devienne mon vrai nom. »

Elle a longtemps été serveuse chez Coras, Mikes et Giorgio, me dit-elle.

“J’ai aussi chanté Telegram pour Party Productions dans les années 1990.”

Il a étudié la musique, non loin de là, à l’école Vincent d’Indy et le jazz au Collège Lionel-Groulx.

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« J’ai aussi payé les cours de chant, j’y ai tout investi. »

Présence

Au milieu des années 2000, dans l’intention de se propulser vers l’avant, Thalie achète trois grandes plaques de rue : une au coin Jean-Talon et Saint-Laurent, une au 15e et une au 20e.

« Ça n’a pas marché, c’était cher et ça m’a mis à la rue », dit-il.

Il veut qu’il soit clair qu’il a un toit au-dessus de sa tête.

« Oui, j’ai un appartement, je suis dans un appartement depuis que j’ai 18 ans. »

Lors de notre discussion, un employé de la STM est venu lui offrir une jolie valise, mais Thalie a refusé.

« Je travaille beaucoup et je veux acheter moi-même mes affaires avec l’argent que je gagne : je ne veux pas de dons de vêtements ou de matériel, ça me dérange. »


PhotoLouis-Philippe Messier

Elle note ses recettes dans un cahier, et si elle chante comme elle l’avait prévu aujourd’hui, c’est 133 jours de suite.

Depuis le 15 mai, comme en témoigne un carnet où la chanteuse note ses recettes, Thalie chante ici sept jours sur sept… 133 jours de suite aujourd’hui.

« Je suis diligent et digne de confiance, j’aimerais décrocher des contrats, mais la vie a été brisée et les choses ont changé… Je n’aurais jamais pensé chanter a cappella comme ça. »

Trois secondes après le début de l’interview, Thalie Norac a recommencé à chanter.

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