Le dérapage inflationniste | Le devoir – .

Le dérapage inflationniste | Le devoir – .
Le dérapage inflationniste | Le devoir – .
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Dans une lettre publiée dans Le devoir Le 25 janvier (« Perte de crédibilité ? »), j’étais préoccupé par la remontée de l’inflation et l’absence de réaction des autorités monétaires. J’ai vu le risque que la politique monétaire perde sa crédibilité durement gagnée. Le taux d’inflation était alors de 5,1 %. Il était de 8,1 % en juin 2022 !

Ainsi, l’inflation s’est éloignée davantage de la cible de 2 % de la Banque du Canada. Depuis, le taux directeur de la Banque est passé de 0,25 % à 2,5 %, mais il pourrait bien devoir monter beaucoup plus haut. Plusieurs souffriront de la hausse des taux d’intérêt et de l’inflation, par exemple les retraités, comme le rappelle Gérard Bérubé dans Le devoir du 30 juillet (“La retraite souffre à cause de l’inflation”).

Qu’est-ce qui a causé ce glissement inflationniste? Les chocs internationaux et une politique budgétaire très expansionniste n’ont pas aidé, mais les autorités monétaires auraient pu compenser ces facteurs en resserrant leur politique plus tôt. Je propose ici trois facteurs qui pourraient expliquer pourquoi ils ne l’ont pas fait. Je mentionne également les solutions possibles.

Premièrement, les prévisions d’inflation des banques centrales reposent encore largement sur un cadre assez simple qui lie l’inflation à l’écart de production (l’écart entre le niveau réel de l’activité économique et son niveau potentiel) et aux anticipations. La dérive inflationniste actuelle montre les limites de cette approche, limites déjà soulignées dans de nombreuses études.

Il serait judicieux d’envisager d’autres approches. Pourquoi, par exemple, ne pas donner un rôle plus important à l’argent ? Après tout, l’inflation est le taux auquel la valeur de la monnaie diminue, ce qui devrait s’expliquer par des variations de l’offre et de la demande de monnaie. La croissance des agrégats monétaires canadiens a été très rapide en 2020-21 ; un signe qu’il aurait peut-être dû être pris plus au sérieux.

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Deuxièmement, le ciblage de l’inflation a été introduit dans les années 1990 au Canada et dans d’autres pays. La tâche de la Banque du Canada était alors claire : maintenir l’inflation près de la cible de 2 %. Ce faisant, cela contribuerait à rendre l’économie plus stable et plus efficace. Mais depuis, l’attention des autorités monétaires, au Canada et ailleurs, s’est tournée vers d’autres enjeux.

Au Canada, par exemple, les objectifs de stabilité financière et de maximisation du niveau d’emploi doivent être pris en compte par la Banque du Canada, ce qui complique sa politique. La Banque du Canada s’est également intéressée à de nombreuses questions qui n’ont que peu ou pas de lien avec ses instruments de politique : les changements climatiques, les pipelines, les inégalités, etc. Il faudrait envisager de recentrer l’attention des banquiers centraux sur le ciblage de l’inflation, une tâche déjà difficile, et de laisser les autres agences se concentrer sur d’autres questions.

Troisièmement, la date limite des élections de 2021 peut-elle expliquer pourquoi la Banque du Canada n’a pas agi plus rapidement pour contrer les pressions inflationnistes? Je vous rappelle que l’inflation était déjà à 4,1% en août 2021. Les chercheurs ont conclu que le cycle électoral pourrait affecter les décisions des banques centrales. Peut-être devrions-nous repenser la gouvernance de la Banque du Canada pour réduire le risque que la politique partisane soit la cause de décisions sous-optimales.

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