a Top 5 des films de guerre – .

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Publié le 2 août 2022


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La guerre revient dans l’actualité, une guerre filmée par une multitude de téléphones. Il est tentant dans ces circonstances de revenir à des films de guerre qui évoquent ceux du passé.

Et puis, la mode est au classement. Le Top 5, 10, 15, 20 des meilleurs films… puis vous le complétez par genre, pays, cinéastes, etc.

Peut-on établir un Top 5 des films de guerre ? Décidément, rien de plus simple pour les amateurs de classements.

Mais les gens comme moi ont tendance à tout compliquer. Je me demande d’abord : le Top 5 de quel genre de film de guerre ? C’est déjà un problème.

Deux façons de filmer la guerre

Il y a d’abord la question du point de vue visuel. Vous avez au moins deux manières très différentes de filmer la guerre.

D’un côté, la méthode Victor Hugo, le narrateur omniscient, grand écran, multitude de figurants, plans d’hélicoptères, spectacle à tous les étages : “Toute cette cavalerie, sabres levés, bannières et trompettes au vent, formée en colonne par divisions, descendit d’un même mouvement et comme un seul homme…”

D’autre part, la méthode Stendhal, le point de vue de base du soldat, le focus intérieur, les gros plans, les gros plans, la confusion à tous les niveaux : « Il a vu de très loin la fumée blanche de la batterie, et au milieu du bourdonnement égal et continu produit par les coups de canon, il lui a semblé entendre des décharges de beaucoup plus près ; Il n’a rien compris du tout…”

Trois grandes familles de films de guerre

Se pose ensuite la question du point de vue idéologique, tous les films de guerre se rangent grosso modo en trois grandes familles. Ceux qui sont pour, ceux qui sont contre et ceux qui ne sont ni pour ni contre, tout le contraire.

Les films bellicistes vous font vivre une exaltation intense devant le spectacle des affrontements : vous hurlez longue vie à la mort et écrasez sous vos chevaux des masses d’orcs puants, car l’ennemi ne peut être humain.

Les films pacifistes vous font réaliser à quel point la guerre est triste, que nous sommes tous frères et que sans ces salauds de politiciens et de généraux, les choses seraient bien meilleures.

La dernière famille est plus difficile à définir avec un adjectif, étant neutre probablement inappropriée pour le sujet. Ce sont des films descriptifs de guerre qui ne sont ni exaltés ni dénoncés, mais montrés dans toutes ces dimensions, laissant le spectateur se forger une opinion sur le sujet.

Mais ce n’est pas si simple

Alors bien sûr, certains cinéastes s’emmêlent. Ne doutons pas que Sergei Bondarchuk, lorsqu’il filme les batailles napoléoniennes de Guerre et Paix Oui Waterloo, cherche à délivrer un message humaniste sur la folie du conflit mais voilà, il lui est également difficile de cacher son exaltation à animer des masses de figurants aux uniformes rutilants. C’est aussi un peu le problème de Kubrick dans la séquence de combat de barry lydon (1975) et plus encore de Francis Ford Coppola dans l’attaque en hélicoptère au pied de la Cavalcade des Walkyries dansapocalypse maintenant (1979).

Jean Renoir est tombé dans l’excès inverse, il a voulu dénoncer la guerre en la grande illusion (1937) mais sans jamais le montrer ! Le résultat est troublant, préservant avant tout le sens du devoir des personnages, comme le sacrifice de Boïeldieu, voire l’exaltation patriotique (séquence de La marsellea) au détriment du message pacifiste.

Alors le Top 5 de quel genre de film de guerre ? Eh bien, je ne l’ai pas fait, mais da environ ceci, en classant, non pas par ordre de mérite, ce qui est absurde pour de bons films, mais par ordre chronologique. Je suis historien, il est plus fort que moi.

Et mon premier film de guerre est…

A l’ouest, rien de nouveau de Lewis Milestone (1930) : reste, à mes yeux, le meilleur film antimilitariste jamais réalisé. Il offre l’originalité de filmer la guerre du point de vue de l’ennemi. Adaptant le célèbre roman d’Erich Maria Remarque qui venait de paraître, ce film américain suit le destin tragique d’un petit groupe de jeunes Allemands qui partent à la guerre fleur à la main. Ils sont tués les uns après les autres, une paire de bottes changeant constamment de propriétaire. La guerre des tranchées, très réaliste, y est décrite comme une boucherie monotone et sans fin. La fin avec le papillon nous offre l’un des plus beaux plans de l’histoire du cinéma. Le film a été interdit en Allemagne et censuré en France, signe peut-être qu’il a fait mouche.

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Pour ceux qui le préfèrent, ils peuvent aussi opter pour le fameux chemins de gloire de Stanley Kubrick (1957), magnifiquement filmé mais plus démonstratif, où le noble officier campé par Kirk Douglas s’oppose à son supérieur, un George Macready qui sera victime de son ambition, sous le regard bienveillant d’un excellent Adolphe Menjou, expert en l’art d’en faire payer le prix aux autres. Et sinon, côté italien, sur un sujet comparable à Kubrick, hommes contre de Francesco Rosi (1970) qui ne fait pas grand chose non plus avec Alain Cuny en ganache militaire et Gian Maria Volonte en lieutenant inquiet pour ses hommes.

Mon deuxième film de guerre se place du côté des soldats.

Bastogne (Champ de bataille) de William Wellman (1949) où la guerre est filmée à la manière stendhalienne, au ras du casque du fantassin de base, un casque qui peut servir d’omelette quand ces pauvres soldats arrêtent de marcher ou de creuser. C’est l’une des représentations les plus réalistes de la guerre, impression renforcée par l’absence de musique intradiégétique, en dehors du générique d’ouverture et de clôture. Le casting y contribue également, solide mais sans stars, avec, notamment, l’inoubliable figure pitoyable de James Whitmore.

Eh bien, si vous préférez un peu plus de spectacle mais toujours dans la même perspective, Nous devons sauver le soldat Ryan. l’un des meilleurs de Spielberg (1998), où dans l’héritage de Wellman, le réalisateur renonce aux flots musicaux qui inondent habituellement son cinéma et filme la guerre au plus près des combattants, comme dans l’extraordinaire séquence du débarquement.

Mon troisième film de guerre est de nature épique.

zoulou (zoulou) de Cy Endfield (1964) se déroule pendant la guerre anglo-zouloue et évoque un épisode authentique. Au lendemain de leur victoire à Isandhlwana, les Zoulous assiègent un petit avant-poste britannique, Rorke’s Drift, où une centaine de redcoats retiennent 4 000 guerriers. Un jeune Michael Caine campe un aristocrate, officier de carrière, auquel s’oppose un ingénieur, Stanley Baker, qui prend le commandement comme son aîné. Les séquences de bataille sont sans aucun doute parmi les plus réussies de toute l’histoire du cinéma dans ce film de guerre qui plus que bien d’autres mérite le nom de film épique.

Le réalisateur devait signer le scénario duattaque finale (lever de soleil zoulou) réalisé par Douglas Hicocks (1979) qui est une sorte de préquelle sur les événements qui ont conduit à la catastrophe d’Isandhlwana. La reconstitution de cette bataille est également très impressionnante et on frémit de voir la marée des Zoulou submerger les fines lignes rouges britanniques. Peter O’Toole généralement entiché de lui-même et très téméraire et Burt Lancaster en vieux Bushman y font des merveilles.

Mon quatrième film de guerre parle des responsables

patton du très sous-estimé Franklin J. Schaffner (1970), d’après un scénario de Francis Ford Coppola, avec une composition extraordinaire de George C. Scott dans le rôle de sa vie. Le portrait d’un chef de guerre flamboyant qui ne vit que par et pour la guerre avec la musique de Jerry Goldsmith. Le prologue du film, un monologue de six minutes sur fond de drapeau américain, donne le ton d’un film extraordinaire qui ne cherche pas, comme il le fait trop souvent, à tromper le spectateur.

Sur le même type de sujet, le portrait d’un commandant, mais traité de manière beaucoup plus sobre, leHomme de fer (douze heures de haut) de Henry King (1950) : Gregory Peck vit la guerre depuis la base aérienne où il envoie les jeunes au casse-pipe. La guerre est cruelle, malheureusement, mais le commandement a ses exigences impitoyables.

Mon dernier film de guerre est récent…

Dunkerque du parfois surestimé Christopher Nolan (2017) construite sur trois temporalités (semaine, jour, heure) et qui trouve un écho dans le récent conflit ukrainien. Les amateurs de jeux vidéo ont été déçus par la lenteur du blitzkrieg lancé par les Russes, mais, ô surprise, la vraie guerre n’est pas l’heure du jeu vidéo. La plongée sous-marine, comme on dit aujourd’hui, est impressionnante avec le parcours de trois protagonistes ordinaires, le soldat échoué sur sa plage, le pilote dans les airs, et le brave pêcheur désireux de sauver ses compatriotes. À notre époque de super-héros à gogo, c’est très relaxant de suivre les gens ordinaires et Nolan confond habilement Victor Hugo et Stendhal.

Le film a suscité de vives polémiques. On a vu tel ou tel journal, aussi bien intentionné et gauchiste soit-il, se livrer à des cris patriotiques et à des cocardes plutôt cocasses. Mais où sont les Français ? C’est très simple pourtant ils étaient dedans Week-end à Zuydcoote d’Henri Verneuil (1964) un beau film qui parle aussi de Dunkerque, à la fois de Franchouillard et de Stendhalien, avec une armée en décomposition et un casting pétillant (Belmondo, Marielle, Périer, Mondy, Géret) servant le meilleur des dialogues de Robert Merle, auteur du roman adapté.

Bien d’autres films de guerre et les noms d’autres réalisateurs éminents pourraient être cités (Raoul Walsh, Samuel Fuller, Pierre Schoendoerffer, Jean-Jacques Annaud, Clint Eastwood entre autres) mais bon, il n’y avait pas de place et il fallait choisir.

Un article initialement publié dans 11 mars 2022.

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